En faisant bombarder plusieurs sites stratégiques de Caracas puis enlever le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ainsi que son épouse [Cilia Flores], dans la nuit du 2 au 3 janvier, Donald Trump renoue avec un impérialisme états-unien brutal envers l’Amérique latine, une posture que l’on croyait révolue depuis la fin de la guerre froide. On se souviendra du renversement par la CIA du président guatémaltèque Jacobo Arbenz (1954), de l’occupation de la République dominicaine (1965) et de l’intervention des marines sur l’île de la Grenade (1983). Autant d’interventions menées au nom de la lutte contre le communisme, au mépris des normes les plus élémentaires du droit international tel qu’il avait été redéfini au lendemain de la seconde guerre mondiale [1939-1945], et que la communauté internationale avait acceptées plus ou moins docilement – ainsi la France et le Royaume-Uni, sommés de cautionner la liquidation de la démocratie guatémaltèque en 1954 sous peine d’être lâchés, la première en Indochine et le second en Egypte – étant donné l’hégémonie géopolitique et économique dont jouissaient les Etats-Unis durant ces années-là.
Author: Olivier Compagnon, Franck Poupeau
Published at: 2026-01-05 18:30:11
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