On aurait toutefois tort de voir en lui l’un des artisans de la politique étrangère de Moscou : il s’agit plutôt d’un habile « entrepreneur idéologique », qui sert le pouvoir en lui proposant un habillage conceptuel et en lançant des messages destinés à raffermir, dans l’opinion occidentale, l’idée selon laquelle le Kremlin est déterminé à aller, le cas échéant, jusqu’à la guerre nucléaire. Si ni l’un ni l’autre n’ont jamais confirmé le rôle qui leur est parfois prêté au sommet de l’État, ils profitent de la visibilité et de l’autorité symbolique que cette image leur confère dans une logique de promotion personnelle et de diffusion de leurs idées, en Russie comme à l’étranger. Son implication dans la création du club de discussion Valdaï en 2004, qui s’impose progressivement comme un des principaux think tanks de l’ère Poutine, lui permet de se garantir un canal de communication avec l’administration présidentielle, institution centrale de la Russie poutinienne, qui est la seule à même de pouvoir faire circuler ses idées jusqu’au sommet de l’État.
Author: Maxime Daniélou, Doctorant en études slaves et chargé de cours à l’université Paris-Nanterre, Université Paris Nanterre
Published at: 2026-01-21 15:20:35
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