Politique monétaire de la BCE : il est temps de changer de siècle

Politique monétaire de la BCE : il est temps de changer de siècle


sur l’orientation de la politique monétaire de la BCE, il convient de bien distinguer deux interrogations : la première renvoie à la validité du diagnostic macroéconomique posé par la BCE ; la seconde se rapporte au mandat de cette dernière, c’est-à-dire à la mission que les traités européens ont assignée à l’institution. L’histoire économique récente montre que la BCE a déjà su adopter une lecture souple de son mandat sans remettre en cause le régime d’inflation basse de la zone euro : d’abord avec la reformulation en mai 2003 de l’objectif de stabilité des prix comme le maintien à moyen terme du taux d’inflation à des taux inférieurs mais proches de 2 %, soulignant que la BCE veillait à éviter également la déflation ; ensuite, et surtout, avec l’engagement franc et massif dans la politique monétaire non conventionnelle incarnée par le fameux « Whatever it takes » (quoi qu’il en coûte pour préserver l’euro) de Mario Draghi en juillet 2012, qui sera maintenu une dizaine d’années, de l’apaisement de la crise des dettes souveraines à la gestion des conséquences de la pandémie de Covid-19. La BCE peut jouer un rôle déterminant afin de soutenir l’effort budgétaire des Etats, selon des modalités à débattre : redéfinition de la cible d’inflation à un niveau légèrement plus élevé (par exemple, 3 %), assouplissement quantitatif dirigé vers le financement des secteurs clés… Il apparaît dans tous les cas urgent de mettre le mandat de la BCE, ou à tout le moins sa pratique, au diapason des problèmes économiques des années 2020-2030, et non plus à la poursuite des fantômes inflationnistes des années 1970.

Author: Jérôme Héricourt


Published at: 2026-02-18 10:30:20

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