Sorcière et fée du logis : telle est la double casquette de Madame Stephens, épouse dévouée de Jean-Pierre (Darrin en VO) et pétillante mère de famille qui arrange les soucis du quotidien en agitant le bout de son nez… Revoir Ma sorcière bien-aimée, dont huit saisons seront disponibles sur M6+ partir du 1er avril, tient du voyage temporel au cœur de l’Amérique blanche des années 1960. Où l’on comprend ce qui a fait le succès de la sitcom, diffusée sur ABC entre 1964 et 1972 (et multirediffusée en France) : une actrice irrésistible (Elizabeth Montgomery), des gags en rafale et des effets spéciaux croquignolets dignes d’une boutique de farces et attrapes… La sitcom fut pour le public américain autant un miroir qu’une bulle de fantaisie dans un contexte social sombre marqué par la guerre du Vietman. En la matière, rien ne vaut le culot d’Endora, la mère de Samantha, sorcière surmaquillée qui apparaît à sa guise pour dézinguer le mode de vie de sa fille et martyriser cet empoté de Jean-Pierre… Autant dire que Ma sorcière bien-aimée mérite d’être revu pour ce qu’elle est : un objet fascinant d’ambivalence, oscillant entre progressisme et conservatisme, comme le feront plus tard d’autres comédies conjugales, et en particulier Desperate Housewives.
Author: Isabelle Poitte
Published at: 2026-04-01 13:58:51
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