Très vite, une chaîne de responsabilités simplifiée s’est mise en place dans le débat public : un coupable politique unique, désigné à gauche, tandis que disparaissait du champ critique le parti de gouvernement – celui qui dirige l’Assemblée nationale et qui choisit d’y organiser une minute de silence, respectée à l’unanimité, en hommage à Quentin Deranque. Comme si un antifasciste tué par des militants d’extrême droite dans un guet-apens pouvait être tenu pour l’équivalent d’un militant d’extrême droite tué par des antifascistes dans un autre guet-apens. La configuration politique actuelle, impulsée par le parti de gouvernement, alimentée par l’extrême droite, justifiée à demi-mot par une partie des gauches, aboutit à une inversion des positions idéologiques : ce ne seraient plus les antifascistes, mais les fascistes eux‑mêmes, qui incarneraient désormais l’antifascisme.
Author: Jonas Pardo
Published at: 2026-02-23 17:30:04
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