C'est dans cette absence totale de visibilité sur la Russie post-Poutine que réside la fragilité du régime à long terme : en l'absence d'institutions fonctionnelles et de règles de transition claires, le chaos engendré par un affrontement éventuel entre les différentes factions laisse envisager des scénarios de déstabilisation. En d'autres termes, le pluralisme et le débat public ouvert "garantissent la légitimité et la capacité d'adaptation de l'Europe à long terme", insiste Tatiana Kastouéva-Jean, qui relativise les craintes – fondées – sur la montée en Europe des formations d'extrême droite dont les positions sont plus ou moins ambiguës vis-à-vis de Moscou. Toujours est-il, conclut l'étude, que "le risque majeur à moyen terme ne réside pas tant dans un effondrement interne que dans une érosion progressive des valeurs démocratiques, sous l'effet conjugué de la montée des populismes et de la guerre psychologique et informationnelle menée par la Russie […] L'UE doit adopter une position plus affirmée et proactive : assurer l'application rigoureuse des sanctions, restreindre la diffusion des médias alignés sur le Kremlin et intensifier les poursuites judiciaires visant les activités clandestines".
Author: Valentin Dauchot
Published at: 2025-12-23 17:07:26
Still want to read the full version? Full article