Quand on évoque l’emploi de forces conventionnelles dans des scénarios à l’est de l’Europe, on voit bien qu’il peut y avoir une dissonance entre ce que disent les autorités politiques et militaires qui considèrent souvent que le "nous" inclut la France, mais aussi une partie des Européens, voire l’Otan, d’une part, et les populations d’autre part, qui se projettent malgré tout dans des cadres nationaux, parce qu’elles élisent des responsables politiques nationaux. Par ailleurs, dans les sociétés européennes – en tout cas à l’ouest de l’Europe, et notamment en France –, les jeunes générations manifestent aujourd’hui un sentiment de fierté nationale plus élevé que leurs aînés : à la fin des années 1990, le sentiment de fierté nationale était plus faible chez les jeunes de vingt ans qu’il ne l’est aujourd’hui. Évidemment, ces données globales ne rendent pas compte des fractions de la jeunesse très hostiles à l’idée de défense nationale ou au patriotisme, mais elles montrent aussi que certaines générations vivent moins dans l’idée qu’il serait possible d’atteindre une paix universelle par la simple diffusion du modèle de la démocratie libérale – idée qui a largement structuré le débat public des années 1990.
Author: Anne Rosencher
Published at: 2026-02-24 17:00:00
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