Facile parce qu’elle n’a pas, en vingt ans de carrière, joué dans pléthore de bons films (elle le disait elle-même, première critique de sa filmographie), et difficile parce que ses films les plus reconnus (La Vérité, En cas de malheur, Vie privée), appartiennent à un cinéma français commercial très plan-plan, cette “certaine tendance du cinéma français”, autrement traitée de “qualité française”, à laquelle la Nouvelle Vague allait donner un sale coup de vieux et accorder tout son… mépris. À moitié nue sous les draps de l’appartement romain où elle vit avec son mari (Michel Piccoli), elle dit ce dialogue amoureux où elle détaille les parties de son corps : “Tu les trouves jolies, mes fesses ?” Question métaphysique s’il en est, car ce qui va se jouer ici n’est rien de moins que l’effondrement d’un couple, donc d’un monde à deux, fiction qui se termine toujours mal (comme dans la chanson des Rita Mitsouko), quand l’illusion retombe, frappée en plein vol par le réel (le mépris). Quand elle danse dans la cabane au bord de la plage, quand elle se roule dans les draps froissés, quand elle fixe la caméra avec ce mélange d’innocence et de provocation, elle réinvente la féminité au cinéma.
Author: Jean-Baptiste Morain
Published at: 2025-12-29 15:09:39
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