“Le Temps des moissons”, les métamorphoses de la Chine rurale vues à hauteur d’enfant

“Le Temps des moissons”, les métamorphoses de la Chine rurale vues à hauteur d’enfant


Après un premier long métrage inédit en France, Crossing the border – Zhaoguan présenté à la Berlinale en 2020, Huo Meng retournait à Berlin en février dernier et y décrochait l’Ours d’argent de la meilleure réalisation pour Le Temps des moissons, deuxième long métrage et ample chronique de la Chine rurale située à la veille de l’entrée dans le XXIᵉ siècle. Si le film évoque une forme d’harmonie heureuse entre les êtres et la nature, il fait aussi état de l’âpreté et de la dureté de ces modes de vie ancestraux mais également, par l’entremise d’un personnage féminin, la tante de Chuang, de toutes les discriminations dont font l’objet les femmes aux corps scrutés et contrôlés lors de séances médicales. Plastiquement, le film, tourné durant une année, est semblable à une succession de tableaux retrouvant vie grâce à un jeu sophistiqué et discret, de légers, mais significatifs, mouvements de caméra, travellings et panoramiques qui dialectisent quelque chose sur la place de l’individu dans le collectif et traversent la grande histoire par l’intimité d’une subjectivité.

Author: Marilou Duponchel


Published at: 2025-12-23 13:52:50

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