A la veille de la guerre, toutefois, ils affrontent un paradoxe : le combustible liquide est devenu indispensable à l’intégralité des armements motorisés modernes, des lourds cuirassés aux frêles avions de reconnaissance, mais presque aucune grande puissance ne dispose de réserves ou de gisements importants de pétrole, en dehors des Etats-Unis, à une époque où le Moyen-Orient arabe ne livre encore que des quantités dérisoires. L’approvisionnement en carburant est d’autant plus incertain pour les dirigeants du Japon impérial, du IIIe Reich ou de la IIIe République que le marché pétrolier échappe largement aux hommes d’Etat et à leurs diplomates, contrôlé qu’il est par trois puissantes compagnies, les majors (Jersey Oil, Shell, Anglo-Persian), lesquelles s’entendent pour en fixer prix et quantités suivant leurs intérêts propres, et maîtrisent toute la filière, « du puits à la pompe ». Comme elles, l’ouvrage couvre la totalité des enjeux pétroliers du temps de guerre, depuis le convoyage risqué du liquide par des tankers sur l’Atlantique, à la merci des torpillages, jusqu’aux prouesses en sabotage des Soviétiques pour rendre inutilisables leurs puits à l’approche des troupes nazies.
Author: André Loez
Published at: 2026-02-09 19:00:13
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