Il aura fallu qu’il reçoive enfin le prix Goncourt pour que, le soir de sa consécration, dans un bar de la rue du Cherche-Midi où il paraissait étourdi d’être fêté jusque sur le trottoir, je rencontre enfin Laurent Mauvignier, dont je m’accommodais très bien de n’être, depuis « Loin d’eux », son premier roman paru en 1999, qu’un lecteur fidèle, comme si je ne voulais pas risquer, en approchant l’écrivain, d’être déçu par l’homme, comme s’il devait demeurer un être d’encre et de papier, dont les livres maigres, et puis de plus en plus gros, toujours éclairés par l’étoile de Minuit, avaient fini par occuper une pleine rangée de ma bibliothèque. Publicité Pendant ces vingt-cinq années passées, il m’a semblé être, à la manière des marraines de guerre qui, afin de les soutenir et les encourager, entretenaient des correspondances avec les poilus des tranchées, une sorte de parrain de guerre.
Author: Jérôme Garcin
Published at: 2025-12-27 16:00:05
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