Il n’est qu’à penser aux monuments érigés depuis le XIXe siècle à la gloire des héros nationaux, de la Place Royale de Bruxelles, avec sa statue équestre de Godefroy de Bouillon, à la citadelle de Damas : la fameuse sculpture de bronze représentant Saladin triomphant de ses ennemis (1993) est reprise pour la couverture du livre. L’assimilation du jihād à une « contre-croisade », quant à elle, est sous-tendue par un parallèle plus ou moins implicite entre la mobilisation supposée des populations arabes par les ‘ulamā’ (docteurs de la Loi) contre les croisés et la résistance des États arabes du XXe siècle contre Israël… Or, cette lecture au prisme du champ religieux reprend déjà celle des auteurs médiévaux, tant latins qu’arabes, qui étaient pratiquement tous des hommes de religion et partageaient donc la même compréhension d’un ordre du monde dicté par la providence divine. L’ambiance eschatologique de la Première croisade explique la diabolisation de l’adversaire, tandis que les croisés auraient été mus par le désir de venger le Christ de la souillure de la Terre sainte.
Author: Damien Carraz
Published at: 2026-02-02 08:30:00
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