Ou comment aller chercher dans les bas-fonds de l’économie des entreprises qui n’ont plus suffisamment d’accès au crédit bancaire, à qui leur taille interdit de se rendre sur les marchés obligataires, et leur proposer des apports de financement pour ainsi dire « de la main à la main », de créancier à débiteur, dans une relation purement privée et désintermédiée : ni banque ni marché (obligataire) entre eux. Car des institutions financières ayant (gros) pignon sur rue, des banques, ou des behemoths de la gestion d’actifs comme Blackrock (14 000 petits milliards de dollars sous gestion) ont évidemment eu la riche idée de monter des fonds dédiés de private credit sur la base d’une réclame qui ne peut pas laisser l’honnête homme insensible : confiez nous votre argent, vous serez très content, nous nous occupons de tout — c’est-à-dire de repérer les entreprises demandeuses de fonds, de sélectionner celle qui accepteront de payer des taux d’intérêt, donc des rendements pour les investisseurs, bien épais, pas trop subclaquantes quand même, manière qu’elles tiennent jusqu’à l’échéance (en général 3 à 7 ans). Un « rassuriste » — il s’en trouve en toutes occasions — ébauche un scénario de coin de table : supposons que les banques aient à passer une dévalorisation (haircut) de 30 % de leurs crédits aux fonds, sur un encours de 1,8 billions de dollars, ça fait grosso modo 500 milliards de dollars de perte à avaler.
Author: Frédéric Lordon
Published at: 2026-03-16 16:21:04
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