Dans son deuxième roman, qui s’étend de 1965 à 2013, mais en une chronologie peu linéaire, Souhaib Ayoub évoque une famille bédouine sur plusieurs générations, brouille toutes sortes de frontières, y compris entre les genres, et livre, par bribes, quelques vérités romanesques sur les dynamiques des guerres internes du Liban et de son histoire contemporaine. Le souffle singulier qu’il donne à la langue arabe, magnifiquement rendu par la traduction de Stéphanie Dujols, la puissance de la méditation paradoxale sur la joie et la peur qu’il déploie, naviguant entre pulsion de mort et élan vital, perturbant la séparation entre rêve et réel, lui donnent une beauté qui trouble. Vies empêchées, vies émancipées : en une grande galerie de portraits, à la première ou à la troisième personne, les personnages se racontent, comme Dolce Vita, la femme trans, qui défie les miliciens lors de la guerre civile.
Author: Faris Lounis
Published at: 2026-02-11 17:26:31
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