Face à « la dictature de l'émotion », le difficile combat antimilitariste

Face à « la dictature de l'émotion », le difficile combat antimilitariste


Le 21 juin, plus de 4 000 personnes ont manifesté au salon du Bourget à l’appel de la coalition « guerre à la guerre » – qui fut le cri de Rosa Luxembourg et de Jean Jaurès à la veille de 1914-1918 – pour « relancer un antimilitarisme populaire ». La philosophe Déborah V. Brosteaux, qui vient de publier Les Désirs guerriers de la modernité , remarque que l’un des principaux reproches adressés aux antimilitaristes consiste justement à les accuser d’être dans le déni, de ne pas regarder les réalités et les logiques de la guerre en face : « L’une des difficultés à se dire antimilitariste vient de la disqualification des voix et des arguments contestataires devant l’urgence de la situation en Ukraine. » Une urgence qu’il faut d’après elle prendre au sérieux, tout en refusant de se laisser phagocyter par les logiques guerrières : « Les légitimes demandes de soutien militaire de la part des Ukrainiens depuis le début de l’invasion russe nous rappellent qu’en temps de guerre, les refus éthérés de la violence ne tiennent pas la route.

Author: La Brèche


Published at: 2026-01-20 11:35:26

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