Comme l'a résumé la FRA dans ses conclusions, “dans l'ensemble, les résultats de l'enquête montrent que les personnes LGBTIQ, et en particulier les groupes transgenres et intersexués, continuent d'être victimes de violences motivées par la haine, de discrimination directe et indirecte et de victimisation, malgré la protection offerte par le droit européen”. Si les récits ont gagné en subtilité depuis le début des années 2010, ils restent marqués par la pesanteur de la souffrance : la douleur psychologique, le poids médical, l’impact de la discrimination … Autant de considérations légitimes qui barrent pourtant la route à des interprétations plus positives de la transition. Dans son essai Whipping Girl: A Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity (Manifeste d’une femme trans, 2020, éditions Cambourakis), l’autrice et militante Julia Serano critique déjà ce qu’elle appelle la “mystification des personnes trans”, un procédé consistant à “entériner si fortement l’idée d’une nature taboue attribuée au ‘changement de sexe’ que l’on perd de vue le fait que la transsexualité (ndlr: pour rester fidèle au texte original, nous employons le terme “transsexualité” tel qu’employé par Serano, dont l’usage est lui-même critiqué aujourd’hui) est tout à fait réelle, tangible et souvent banale pour celles et ceux d’entre nous qui en faisons l’expérience directe”.
Author: Adrian Burtin
Published at: 2026-01-06 14:33:22
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