La Turquie, nation liée à l’Allemagne s’il en est (la diaspora turque y est la plus importante d’Europe), était à la fête à la Berlinale puisqu’alors que Salvation du cinéaste turc Emin Alper a remporté le Grand Prix du Jury, l’Ours d’or a été décerné à Yellow Letters d’İlker Çatak, cinéaste allemand d’origine turque lui aussi, précédemment auteur de La Salle des profs. En réalité, la polémique, qui aura tout au long du festival suscité plus d’intérêt que les films eux-mêmes, ne semble pas tant porter sur la question de savoir si oui ou non les artistes peuvent, voire doivent, se mêler de politique, mais plutôt sur celle de comprendre pourquoi, dans le cas précis du génocide à Gaza, la Berlinale – qui a par le passé officiellement affiché son soutien et sa solidarité avec les peuples ukrainien et iranien – ne fait pas de même envers le peuple palestinien. Si le contexte allemand explique en partie les proportions qu’a prises la polémique – avec la signature d’une pétition par plus de 80 artistes du monde du cinéma, dont Tilda Swinton, Mark Ruffalo et Javier Bardem, dénonçant le “silence institutionnel” et la “censure” de la Berlinale concernant la guerre à Gaza (censure contestée par sa directrice Tricia Tuttle), l’annulation de la venue d’une artiste et même le retrait de deux films –, elle est aussi en partie due à la volonté d’un journaliste en particulier.
Author: Bruno Deruisseau
Published at: 2026-02-23 18:10:30
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