Audition de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale - Propos de Jean-Noël Barrot (Paris, 03.02.26)

Audition de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale - Propos de Jean-Noël Barrot (Paris, 03.02.26)


Le deuxième axe est d’accentuer la pression sur le régime, par trois moyens : en premier lieu, l’inscription des gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes ; ensuite, l’instauration des nouvelles sanctions européennes décidées jeudi dernier à l’encontre de 21 individus et entités responsables de la répression des manifestations, dont le ministre de l’intérieur, le procureur général, plusieurs responsables de la censure d’internet et des commandants régionaux du corps des gardiens de la révolution ; enfin, par notre soutien à la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies renouvelant le mandat de la mission de l’Organisation des Nations unies (ONU) chargée d’enquêter sur les crimes commis. Ce dispositif permet à la Commission européenne, si la majorité qualifiée l’y autorise, d’utiliser une très vaste palette de mesures pour faire cesser la coercition, y compris la restriction d’accès au marché intérieur pour les services numériques et les services financiers, la fermeture aux entreprises de l’État à l’origine de la coercition de l’accès aux marchés publics de l’Union européenne, ou encore des sanctions sous forme de droits de douane. Aussi, plutôt que d’attendre la prochaine intimidation, le prochain chantage, d’où qu’ils proviennent, mon opinion est que la Commission européenne doit dire clairement, dès aujourd’hui, que si à l’avenir les intérêts essentiels de l’Union européenne ou de ses États membres étaient menacés - qu’il s’agisse de son intégrité territoriale, de l’intégrité des processus électoraux ou de l’autonomie de décision de l’Union et de ses États membres -, elle activerait tous les instruments et procédures à sa disposition, y compris les plus puissants, pour mettre fin à la coercition et aux chantages.

Author: Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères


Published at: 2026-02-10 06:53:40

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