Et quand la nuit tombe, je regarde les murs de ma maison : la plupart sont couverts d’œuvres d’artistes vénézuéliens ; je vois les boutons de la plante « dame de la nuit » que j’ai rapportés du jardin de ma grand-mère à Caracas en août, avec l’espoir d’avoir ce vert et cette odeur dans mon appartement un jour ; je vois le couvre-lit tissé par des artisans de l’Etat de Lara, qui m’accompagne depuis que je suis jeune… Toute mon existence est cette nécessité constante de garder le Venezuela près de moi, vibrant en moi. Le cœur lourd, j’aide à rédiger des communiqués pour demander la libération des prisonniers politiques ; j’essaie de mener une discussion civilisée avec des professeurs de l’université où j’enseigne ; je réponds aux imprécisions publiées sur Instagram par des influenceurs que je suis ; j’ignore les harcèlements que je reçois à cause de mes réponses ; je lis et réponds aux messages de soutien que m’envoient des gens que je connais. Je nous vois réduits à un morceau de terre riche en minéraux, à une partie d’échecs géopolitique, à un argument pour dénoncer l’atrocité qu’est le gouvernement de Donald Trump, voire à un instrument politique dans le discours du Premier ministre français.
Author: Camila Ríos Armas
Published at: 2026-01-12 16:30:15
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