Un enregistreur vocal piégé explose devant lui et le blesse grièvement : il perd l'audition d'une oreille et l'usage d'une main, et nourrit depuis une haine terrible pour ses ennemis, doublée d'une profonde paranoïa qui ne le quittera pas et le poussera, des dizaines d'années plus tard, à ne se déplacer en dehors de Téhéran que sous la protection des systèmes de défense antiaérienne les plus performants d'Iran, des S300 de fabrication russe. Une figure centrale du régime fait le reste : Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, compagnon de la révolution et porte-parole du Parlement, le seul ayatollah imberbe de la République islamique, ce qui lui vaut le surnom de "requin" (en plus de son goût pour les affaires…), assure avoir recueilli les dernières volontés de Khomeyni. Le chercheur du CNRS Stéphane Dudoignon les énumère dans son livre de référence, les Gardiens de la révolution islamique d'Iran (CNRS Editions) : manifestations de Mashhad en 1992 ; de la banlieue populaire de Téhéran, Eslamshahr, en 1995 ; des étudiants de la capitale en 1999… En 2009 pour la première fois, le Guide est bousculé, la République islamique tangue.
Author: Pierre Alonso, pour Libération
Published at: 2026-02-28 23:04:14
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