À voir (ou pas) au cinéma: «Green Line», «Marty Supreme», «Maigret et le mort amoureux»

À voir (ou pas) au cinéma: «Green Line», «Marty Supreme», «Maigret et le mort amoureux»


De manière rigoureuse, Sylvie Ballyot esquive aussi bien le confusionnisme historique («on n'y comprend rien», «l'Orient compliqué») et le confusionnisme moral («tous coupables») pour donner à suivre de manière problématisée, inquiétée constamment par la présence de Fida, des lignes de crête, des points de blocages, des agencements qui font sens –aussi pour le présent. La course éperdue d'un jeune ambitieux vers le succès et le pouvoir, ce qui définit à la fois le personnage de Marty Mauser, le jeu de son interprète Timothée Chalamet et la mise en scène de Josh Safdie. La sortie du film de Josh Safdie deux semaines après celle de The Mastermind, de Kelly Reichardt, cristallise ainsi l'opposition entre une approche rusée, cherchant à jouer sur tous les tableaux, et une exigence éthique de la mise en scène, en un temps, celui de l'actuel occupant de la Maison-Blanche, où l'on sait plus douloureusement que jamais que la morale est aussi politique.

Author: Jean-Michel Frodon


Published at: 2026-02-17 18:55:02

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