À Tripoli, les immeubles tuent sous le poids de la négligence : “Nous avons vécu ici, nous mourrons ici"

À Tripoli, les immeubles tuent sous le poids de la négligence : “Nous avons vécu ici, nous mourrons ici"


Amnesty International avait tiré la sonnette d'alarme, en février 2024, prévenant que "des milliers de personnes à Tripoli vivent dans des logements dangereux […] dans l'indifférence du gouvernement" d'alors, qui n'a jamais "terminé son enquête sur les bâtiments à risque", lancée un an auparavant. Marginalisé par l'État au sortir de la guerre civile (1975-1990), Tripoli, deuxième ville du pays avec près de 500 000 habitants et jadis poumon économique du Liban, paie le prix de décennies de négligence généralisée au profit de la capitale, Beyrouth, mais aussi de l'exode rural des régions pauvres qui l'entourent, entre autres. Les seuls quartiers de Bab el-Tebbané, Qobbé ou Dahr el-Moghr, touchés par les effondrements de ces dernières semaines, constitueraient ainsi un réservoir clientéliste de 20 à 25 % d'électeurs, corvéables à merci, en échange de quelques centaines de dollars.

Author: Jenny Lafond


Published at: 2026-02-15 07:08:04

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