C’était déjà le plus grand musée du monde, un musée comme on n’en avait jamais vu, le symbole de la suprématie culturelle et militaire de la France napoléonienne, un musée rempli de chefs-d’œuvre grâce notamment au pillage des collections publiques et privées à travers l’Europe. Il faut imaginer des dizaines d’experts qui arrivent d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, des Pays-Bas, d’Espagne et des États Pontificaux, chacun avec leur liste de pièces à récupérer, sans aucune coordination, et qui se voient opposer la résistance systématique de leurs interlocuteurs. Les conservateurs français refusent de dire où se trouvent les œuvres, occultent toutes les informations possibles, trouvent des trésors d’excuses pour ne pas avoir à les déplacer, comme pour Les Noces de Cana de Véronèse, un tableau qui ne sera jamais rendue à l’Italie, car présenté comme trop fragile pour être transporté.
Author: Rémi Bostsarron
Published at: 2026-01-25 08:53:05
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